mardi 26 février 2008

Viens!

Vis à vue ma voie a vécu sans ralentir
Ma voix vive s'enivre des pâles livres sans repentir
La panthère croassait et l'oiseau mazouté
Ont tous deux délivré leurs secrets éventés

J'ai vu sans vie l'avis ému
J'avais déjà vénéneux l'un
L'autre se gardait de rire serein
Tant il est clair que rit le rien

De toute façon tu seras là c'est clair c'est dit
Que tu sois ombre ou koala un décret luit
Moi j'estompais l'ombre et les pas d'un aigle - et puis

mercredi 20 février 2008

Vie à mort

Plus fort que la mort : plus fort que le sort
Qui se sort du sort éconduit la mort
Plus forte que la mort elle mérite son sort
Elle jette des sorts contre les têtes de mort

L'avis est envie, reste toujours en vie
Vu que ton délit est d'aimer la vie
Tu seras la mère de tous les messies

Puisque ton sourire vaut mieux que le rire
Puisque le meilleur vaut mieux que le pire

Tu es digne de ta foi.

vendredi 23 novembre 2007

Le penseur et sa lumière

Luc Ferry pose mal les problèmes et les questions. Luc Ferry est le digne successeur de Victor Cousin et de tous les jules de la philosophie. Comme les coucous aux méthodes parasitaires, il vit en rentier de la pensée, en gardien du savoir institutionnel. Luc Ferry pose mal les problèmes et les questions. Luc Ferry est souvent impressionnant d'érudition. A l'écouter, on est submergé, on est rejeté, on est discrédité. Luc Ferry parle bien et établit d'impressionnantes distinctions conceptuelles. D'ailleurs, Luc Ferry n'est pas agrégé pour rien. Il pourrait sans forcer prouver l'existence de Dieu et son caractère illusoire. Luc Ferry pose mal les problèmes et les questions. N'est pas kantien qui veut. Seul problème : la méthode que reprend Luc Ferry ne permet jamais que de briller dans l'immédiat. Luc Ferry est tellement mineur que sa pensée brille comme le charbon. Au final point le hic : le coup de grisou. Comme les murs s'érigent à partir des fondations, toute pensée s'élabore à partir de fondements. Luc Ferry pose mal les problèmes te les questions. Plus la pensée camoufle avec soin ses fondements, plus elle est faussaire de l'esprit. Les impensés sont la pensée. A l'instar d'improbables chanteurs d'académies prestigieuses et piteuses, Luc Ferry pense faux. Il est le penseur de la mode, avec tant d'autres, celui qui réussit l'exploit de penser d'autant plus à partir d'autres voix, autorisées et classiques, qu'il pose mal les problèmes et les questions. Luc Ferry pose mal les problèmes et les questions. Luc Ferry déraisonne parce que ses fondements sont si prévisibles qu'ils détonnent. En bon commentateur à la mode qui se respecte, Luc Ferry ne rêve que de tuer le Père Emmanuel. Ce n'est pas au Père-Lachaise que Luc Ferry sera enterré. Luc Ferry pose mal les problèmes et les questions. Dans un siècle, on ne parlera plus de lui. Heureusement. D'aucuns, en consciencieux historiens d'époques révolues, se pencheront sur son cas comme sur un symptôme éclatant : Luc Ferry se montra d'autant plus méprisant et sûr de son fait qu'à justes titres il était et brillant commentateur et piètre penseur. Luc Ferry pose mal les problèmes et les questions. Sans doute est-ce la principale raison qui l'amène à vouloir dépasser l'antienne du commentateur qui prétend se hisser en lieu et place du penseur : penser à partir des autres, ce qui veut tout dire et ne veut rien dire. Luc Ferry pose mal les problèmes et les questions. Ce grand frustré qui se rêvait génial, dans l'exacte mesure où les génies n'ont rien demandé, et auraient tant préféré ne pas être géniaux, ce faux génie, ce mauvais génie, cette défroque de génie s'évertue à répandre avec tant d'autres comparses corrompus, des disciples du jeu de mots moribond, des compagnons de la clique des clinquants, la bonne parole de la pensée qui s'égare et qui se prend au sérieux : la vraie pensée, la pensée vertueuse, la pensée sans arrière-pensée consisterait à penser contre soi-même. Luc Ferry pose mal les problèmes et les questions. Son succès sans commentaire est sans appel. Le vrai philosophe connaît sa première tâche et sa seule mission : pardonner à Luc Ferry et aux avatars de Luc Ferry. Luc Ferry pose mal les problèmes et les questions.

Legs

J'ai tant souffert c'est vrai, car j'étais de côté
Je regardais les autres, et moi j'étais blessé
On me disait malade, on me disait guéri
Ma sclérose est diaphane, les plaques sont sans vie

D'une faiblesse ou d'une force, d'un baratin sans fin
Accepter l'ignorance, arrêtés du destin
Le simulacre de nuit, léthargie du retors
Moins on comprend ton sort, plus tu sors de la mort

Un long tunnel a englouti mes songes sans dé
J'ai joué et j'ai gagné à sourire écarté
La fatigue nourrit l'onde de tous ses sombres défauts

Si tu descends, remonte, le bien au bout des mots
Un bonheur simple est certes le scandale des ragots
On voulut te détruire et on t'a exaucé

Sais-tu?

L'enfant est ce jeune faon qui ordonne le néant
Olifant de ton feu, flamme de ton ocre estime
Quand l'absent s'époumone, tu exauçais la vie
Ne disperse pas tes mânes pour un peu de vétille
Il grandira pour toi quand tu ne seras plus
Contemple-le déjà car déjà tu es autre

Tel un disciple sans maître, tu es l'ultime apôtre
L'ombre dont le rang se mêle sans souci du fétu
Si tu visais la cible, tu manquerais de bille
Avec une once de force tu régénères l'envie
Aucun verset du tertre n'est plus fort que la rime
Je te dédie ces peaux dont tu feras ton sang

Suie.

mardi 30 octobre 2007

Sortilège

Le plus beau n'était pas encore
Que l'heure proclamait l'infini
Le temps datait sa chimère fière
Sans l'aide assoupie des eaux mortes

Regarde-le puisqu'il n'est pas
Juste une ombre qui frange le néant
L'ordre des choses vaut plus que l'art
N'en détourne pas ton regard âcre

C'est clair qu'il est des simulacres
Plus que des porches sous les beaux arts
Compte chaque goutte du temps absent
Tu t'élançais après tes pas

Plus haute que l'âme est la femme forte
Le nouveau né ancre la matière
Plus loin que les mares et les nids
Le matamore trompe tant son sort

samedi 7 juillet 2007

Précellence

Tu n'es pas né pour accomplir ta propre fin
Tu n'es jamais que de passage, heureux présage
Accepte d'être dépassé, pillé, cassé, sois sage
L'heure clame de passer les arrêtés du destin

Celui qui te suivra vaut plus que toi
C'est la règle, les conditions du trépas
L'heureux règne de la foi sans loi ni moi

L'enfant vaut plus que le sens
Il décline la toute-puissance

Le chant de ta - présence.