mardi 14 juillet 2009

Manège

Sans doute et sans détour, un tour est joué, chacun
Son tourniquet
Elle naît et joue sa tour, elle est l'ocre parfum
Pour un jouet
Dans l'évidence de la vie dense elle danse et suit
Sa voix lactée
Elle avait plus que du tonus, elle avait ri
Pour léviter.

lundi 25 mai 2009

A fleur de mot

C'est par l'asphyxie qu'on obtient l'abondance - lance
Chantait le matamore au bord de son errance
Les grelots de sa main résonnaient en écho
Il croassait en croix et ramassait les mots
Ne joue pas un jeu plus dangereux que toi.

C'est par le chant du signe que le singe saignait - pense
Autour des lianes et des lunes un escargot danse
Il anime la sphère de l'asphalte en poussière
Tandis que l'ombre plate dégringole en rentière
Ne joue pas un feu plus ombrageux que toi.

C'est par la prière que le pair perd l'habit - lutte
Il est fier de son air et sans vers il éructe
Dans l'avis des voyants virevolte le néant
Le fer est fort en fard et phagocyte le faon
Ne joue pas un deux plus vénéneux que trois.

samedi 28 mars 2009

C'est la vie

Ce monde s'effondrait et tu regardais l'aube
Jamais de simagrées, jamais de carrés sombres
Janvier et j'en venais, peu d'autres armés de l'ombre
A force de communier, tu nias l'ode de l'aube

Et ta littérature? Pauvre fou d'écriture
Tu aimais les tragiques et tu te récriais
L'aube médiévale est la poésie des benêts
Tu étais tel enfin, car l'idiot est le pur

Le mur, le dur, le banc et le blanc des galets
L'ambre de l'armure, la sciure, les landes et les primates
Ose lancer écarlate les torves armes de l'épate
Les genèses de l'asphalte et les bans de juillet

Ne doute jamais de ta pensée dépense sans jet
Car nul ne cerne en transe le sens gris des guillemets
Un met est la vertu des optimistes inquiets.

dimanche 1 février 2009

Entre

Eh bien, c'est entendu, tu ne souriras plus
Tu riras à gorge déployée
Au lieu de pleurer ta santé
Tant il est vrai que l'humour tient mieux que la glu

Et si tu t'y colles, tu seras l'âme de la cave
L'endroit où la lumière surcroît
Où les lumières brillent de leur foi
Où les dérives évitent les délires des épaves

Alors surtout n'oublie jamais de vivre
N'oublie jamais d'ouvrir un livre
N'oublie pas de poursuivre

Tu seras l'antre des âtres aux étriers.

dimanche 4 janvier 2009

Serpière

Pas de panique : l'air est liquide, aride, humide
Pendant que tu humes, d'autres fument fort et exultent
Ils s'ébaubissent et consument les pirogues d'insultes
Tant est certain que l'ange court-circuite l'impavide

Ô toi que les entrelacs laissent de marbre sans foi
Il n'est pas détonnant que l'armistice du feu
Régénère les réseaux et les spectacles poreux
Tandis que l'ange assène ses paraboles en choix

Parousie, pentecôte, ascension, et moutons :
Les célèbres apôtres ont laissé leur gilet
De maille et de coton non loin de leur chalet

Ils ont eu raison de dire non à l'avorton
Qui déglutissait sa consécutive passion
En métissant la posologie du beau laid

lundi 1 décembre 2008

Hénap

Bon, allez stop, y'a plus d'air ni de troc dans l'eau
Accours au coeur les artichauts de la vallée
Des troglodytes ont dévalé sans l'aval âpre

Au grain des raisins répond le muguet des câpres
J'en suis venu au point où je m'en suis allé
A part les hypocondres myrtilles oublie les faux

Tu danses, elle rance, et puis à quoi bon les vautours
Tous les atours ont le miel des factions du sel
Cerne en scrutant les cernes des cendres autour des tours

J'aime les bougies qui brillent et qui volent les crécelles
Garde en esprit que tu guidais les sombres atours
Ton miel n'avait d'égal que l'hymen des gazelles.

vendredi 28 novembre 2008

Etable

La rage est rare, l'ermite erre dans son aire solide
Bien entendu, tu comprenais l'abysse artiste
En jouant de la trompette, roulais-tu en soliste?
Tes rides sans cerne dégageaient l'anathème du vide

Banqueroute barre la route des gangsters
Achète cacahouète l'amitié des redingotes
Quand chute le mur des Scythes les notes relèvent les cotes
L'amertume du bitume ménageait les éthers

Quel bémol quand tu sales tes endives
Sois heureux de railler les natives
Au-dessus de l'auberge les solives

Paré de paroles qui décrètent haut
Les feux de l'avis vert des fourneaux
Monte et mate le gris sombre des préaux.